COMMUNISTES UNITAIRES DU VAL D'OISE
Ce blog a pour objectif d'alimenter l'information, la réflexion et la mise en synergie des valdoisiens qui se réclament du communisme et s'inscrivent dans la perspective d'un mouvement antilibéral résolument pluraliste et durable.
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L'AGENDA
samedi 30 juin
de 9h30 à 18h
réunion nationale des communistes unitaires
l'Université de Paris 8-Saint-Denis (amphi B1)
Du constat, tirer des pistes d'avenir : avec les citoyens, et avec les organisations
Pour la gauche de la transformation sociale, le gâchis historique annoncé par beaucoup s'est vérifié. Certes le type d'élection que constitue la présidentielle est un piège. Mais cela fait quarante ans qu'on le théorise et qu'on le sait ! Et cela fait aussi plusieurs décennies qu'on l'expérimente en le payant cash !
La seule façon de tenter de le déjouer était d'aller à une candidature commune unitaire, de permettre au "Non de Gauche" qui a fait trembler l'Europe en 2005 de converger électoralement en 2007. Résultat : il a accouché de nains politiques. Le vote utile pour Royal n'était pas inéluctable, il suffisait d'écouter les attentes autour de nous pour comprendre qu'il y avait une opportunité historique à saisir pour faire dérailler la machine à bipolariser. C'est ce que Bayrou, à sa manière, a réussi à faire, avec maintenant la perspective d'une recomposition en profondeur qui ne serait pas la nôtre.
La candidature unitaire antilibérale a constitué un grand espoir. Les mobilisations victorieuses de 2005 et de 2006 autorisaient tous les espoirs de convergence électorale. Plus que d'échec il faut aujourd'hui parler d'immense gâchis. Nous ne sommes pas sûrs de retrouver si vite une situation permettant de cimenter nos engagements, nos réflexions, nos énergies.
Aujourd'hui le camp antilibéral n'en finit plus de devenir un champ de ruines, théâtre de bien des cavaliers seuls, des sectarismes, des réflexes centrifuges. Malgré une stratégie n'ouvrant pas d'alternative parce que basée sur le refus et la protestation, la LCR voit dans son score un encouragement à la jouer en solo. Sonné, le PCF ne semble apparemment toujours pas percevoir le rassemblement autrement que derrière lui ou, autrement dit, qu'en l'instrumentalisant. Malgré l'expérience vécue par quelques milliers de militants, la campagne de Bové n'a pas créé de véritable dynamique et a, dans beaucoup de collectifs, contribué à défaire ce qu'il restait d'esprit unitaire.
Pour changer les rapports de forces dans le pays et faire émerger une autre perspective, il n'y a pourtant pas d'autre voie que le rassemblement et le métissage de toutes celles et ceux qui combattent l'ordre libéral et s'inscrivent dans une visée de transformation sociale.
Je souhaite aborder deux questions qui me semblent essentielles pour réussir ce rassemblement : la place des citoyens et la place des organisations.
1/La place des citoyens.
Il faudra continuer à débattre de ce qui a fait échoué : sûrement l'immaturité du processus unitaire qui a buté sur la grande diversité de ses acteurs ; sûrement la défection des organisations politiques "majeures" de ce rassemblement (la LCR et le PCF) dont les appareils avaient des conceptions profondes incompatibles avec ce que nous étions en train de construire…
Surtout, la cause principale du fiasco de l'automne est à chercher dans les limites de l'engagement citoyen. A titre d'exemple, seuls 16 000 antilibéraux ont participé aux réunions de novembre visant à débattre du candidat. Ce chiffre est très faible au regard des millions de citoyens qui ont regardé avec intérêt le film de l'automne. C'est bien là le problème, et notre échec : pour l'immense majorité d'entre eux, les antilibéraux sont restés spectateurs. Acteurs, ils auraient pu écrire un autre scénario. Pourtant, combien (que chacun regarde autour de lui) n'attendaient que la fumée blanche au-dessus du Palais des Sports de Saint-Ouen pour s'engager activement ?
Cet aspect pourra sembler une évidence… mais une évidence si peu prise en compte dans notre réflexion sur l'échec et les responsabilités.
Surtout, j'y vois un impératif : le rassemblement antilibéral ne pourra réussir que fort de l'engagement réel et actif de centaines de milliers d'individus. Cette dynamique me semble être la clef pour dépasser tous les intérêts d'orgas, les égos et les sectarismes. En une formule lapidaire : noyer les "3B" (et les autres) sous le flot de l'engagement citoyen. Comment favoriser cette irruption qu'on imagine difficilement spontanée ?
Avant le 22 avril comme depuis le 22 avril, je rencontre nombre de proches et de connaissances qui continuent à regretter l'échec de l'automne, qu'ils aient voté "utile", "stratégie anti-Sarko", "protestation", ou encore "fidélité". Je crois que l'important potentiel militant que nous évoquions à l'automne ne s'est pas volatilisé, même si la crédibilité de notre démarche en a pris un coup. Ce potentiel militant, cet espoir qui demeure dans bien des consciences, constituent aujourd'hui ma principale source d'optimisme.
2/La place des organisations.
J'en viens à ce qui constitue pour moi une deuxième exigence pour réussir. Je ne pense pas possible la construction d'un rassemblement large, utile, crédible, sans la force motrice des principales forces politiques organisées (et identifiables par les citoyens) se réclamant de la mouvance antilibérale. Malgré tout ce qu'on peut constater de leurs limites politiques, culturelles et stratégiques, leur attitude est un paramètre important et même décisif de notre entreprise.
Ni derrière elles, ni sans elles…
Ni derrière elles : c'est une évidence vérifiée par l'expérience.
Ni sans elles : en tournant le dos aux organisations, la gauche antilibérale serait vouée à rester éparpillée, morcelée, divisée par des concurrences fratricides et donc condamnée à rester à court ou moyen terme une nébuleuse sans réelle crédibilité populaire, sans prise sur le rapport des forces et les politiques menées, une nébuleuse privée de toute force propulsive.
Pour ma part, et pour n'évoquer que ma "chapelle" d'origine, le parti communiste français, je pense donc que l'avenir du mouvement antilibéral dépend aussi du congrès que mon organisation tiendra fin 2007. Il en dépend pour une partie seulement, mais pour une partie non négligeable.
A écouter ces derniers temps mes camarades du PCF, et notamment certains qui avaient finalement décidé en décembre de se résigner, j'ai le sentiment que l'aspiration au rassemblement antilibéral tend à devenir irréversible au sein mon parti, et plus encore, je pense, après la débâcle du 22 avril. Bien sûr il y aura débat sur la nature, les formes et la finalité de ce rassemblement. Dans l'immédiat, il revient aux communistes unitaires membres du PCF d'agir pour que cette volonté de rassemblement puisse s'exprimer, faire sauter les verrous que certains veulent placer sur le débat, se structurer collectivement. Rien n'est écrit, mais rien, non plus, n'est exclu. Il me semble que tout est ouvert, que c'est possible de gagner l'idée de revoir projet et stratégie, de gagner une nouvelle majorité, d'aller vers un parti communiste qui "fasse sa révolution" et se place au service sincère du rassemblement antilibéral…
Et la donne s'en trouverait tellement changée…
Yann BOUVIER
4 mai 2007
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