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L'AGENDA

 samedi 30 juin

de 9h30 à 18h

réunion nationale des communistes unitaires

l'Université de Paris 8-Saint-Denis (amphi B1)

Contributions 95

Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /2007 15:25

Lettre à Patrice Cohen-Séat, Olivier Dartigolles, Brigitte Dionnet, Jean-François Gau, Elisabeth Gauthier, représentants du PCF au Collectif national unitaire

   

Chers camarades,

J'ai lu votre tribune dans l'Huma de mercredi 17 janvier. Vous y revenez notamment sur les raisons qui ont conduit notre parti à prendre "toutes ses responsabilités". Sur le fond, elles méritent débat. Mais je souhaitais avant tout vous dire que dans tout mouvement historique et populaire, au-delà des froides logiques et des implacables démonstrations, il y a aussi des ressorts humains qu'il est si important de ne pas ignorer. Et je tiens à commencer par vous témoigner de l'état dans lequel se trouvent aujourd'hui ces hommes et ces femmes qui, autour de moi, "y ont cru", tant en dehors que dans le parti.

 

Tout d'abord, pendant les vacances j'ai croisé dix-sept proches, citoyens de gauche (électeurs communistes ou bien "nomades"), non présents dans les collectifs, qui auraient voté résolument pour un candidat antilibéral unitaire... et dont beaucoup auraient aussi modestement et à divers niveaux fait la campagne autour d'eux. Tous ont pris l'initiative de m'interpeller, moi le militant de service. Après le fiasco de décembre, trois m'ont dit se résoudre à voter Royal dès le premier tour, deux m'ont dit s'apprêter voter pour Marie-George, deux pour Besancenot, un pour Bayrou ("le dernier chien possible dans le jeu de quille"), trois m'ont indiqué penser sérieusement à s'abstenir, les autres avouant leur impuissance à envisager désormais le 22 avril… tous déçus et/ou en colère, les plus remontés l'étant contre le parti (il s'agit des plus politisés et des plus proches de nous).

Ensuite, depuis la rentrée, j'ai participé à plusieurs réunions (du parti, de mes collectifs unitaires, local et  d'entreprise), et j'ai pu constater l'ampleur du désastre : notre parti est divisé, à un degré bien pire que ce qu'on pouvait entrevoir en décembre. Le Père Noël n'a pas éteint les passions (fallait-il être naïfs pour y croire, mais je sais que certains apprentis sorciers ont compté là-dessus) Avec nos retrouvailles de janvier, chaque réunion est une nouvelle violence infligée à ces valeurs humaines qui ont cimenté notre engagement commun pendant toutes ces décennies : le partage, le respect et, dans beaucoup de cellules, la fraternité. Dans l'instant, toute fleure la fin d'une époque, prédit l'implosion ou la scission…

Au delà de ce témoignage, je souhaitais vous livrer quelques réflexions en vous remerciant par avance de prendre le temps de les parcourir.

Premièrement, malgré les multiples tentatives pour dédouaner le parti de sa part de responsabilité dans l'échec, je continue de penser que si nous avions imaginé à un seul moment qu'une autre candidature que celle de Marie-George était possible, nous y serions parvenus, et même assez tôt dans l'automne. Le choix de la direction du parti était clair, et en "refaisant le film", je m'aperçois qu'elle n'en a pas dévié une seule seconde de mars à décembre : il n'y avait pas d'autre candidature envisageable que celle de Marie-George. La chute est d'autant plus rude pour les camarades qui, comme moi, se sont sincèrement inscrits dans la construction collective d'une candidature acceptable par l'ensemble du mouvement. Au final, je pense qu'il s'agit là d'une divergence sur la conception du rassemblement et sur la place que doit y jouer notre parti. Et qui dit conception, dit aussi sens et profondeur de l'engagement.

 

Deuxièmement, tout ce qui se débat actuellement touche à des questions identitaires fortes. C'est la raison pour laquelle je pense que les fractures qui s'opèrent actuellement sont profondes et ne se ressouderont pas avant longtemps. Après deux décennies d'offensive libérale, d'affaiblissement et d'éparpillement des forces de progrès, beaucoup de citoyens se sont pris à croire en la possibilité de convergences nouvelles pour peser, puis, dans la foulée du référendum, d'un rassemblement antilibéral gagnant. Parmi eux, de nombreux communistes apercevant enfin un nouvel horizon pour leur parti, imaginant de nouvelles possibilités historiques pour notre peuple… Et cette fois-ci, il était enfin (!!!) possible de converger électoralement et de changer la donne ! Cette hypothèse a enthousiasmé dans tout le pays bien au delà des citoyens investis dans les collectifs. Un nouveau potentiel militant était là, ne demandant qu'à éclore, immédiatement… Sacrée "prise de responsabilités", que de claquer la porte au nez de cette dynamique, de l'espoir populaire ! Au delà de la vive blessure ressentie par de nombreux camarades, il s'agit d'une faute politique majeure : notre communisme est forcément unitaire ou ne sera pas.

 

Troisièmement, nous avons raté un rendez-vous historique, un moment charnière, générateur de nouveaux repères, de nouvelles identifications politiques. Imaginons un instant combien notre parti et sa secrétaire nationale seraient sortis grandis de la réussite du rassemblement, s'ils avaient décidé de faire vivre ce nouvel espoir jusqu'au bout et d'y contribuer de tout leur communisme. Je pense à tous ces jeunes prêts à se reconnaître dans une nouvelle espérance mais qui n'ont pas eu la chance d'avoir des parents communistes et qui, en sortant de l'école, mettent souvent un signe égal entre "communisme" et "dictature" ou "Staline". Ces jeunes dont on sait qu'ils constituent un puissant amplificateur des mouvements électoraux et des évolutions militantes. Résultat : Marie-George plafonne à 1% dans leurs intentions de vote et je ne vois pas ce qui pourrait changer beaucoup la donne en trois mois, tant ils ne nous situent si loin de leur monde et de leur époque. Il y avait un tel espace pour une féconde mise en commun… Quel gâchis !

Quatrièmement, je n'arrive toujours pas à me faire au nouveau paysage de la gauche antilibérale. J'essaie parfois d'oublier, mais matin, midi et soir, je vois un paysage de désolation : comme tant d'autres, je rêvais d'une campagne plurielle, ouverte aux apports de chaque culture militante, imaginative, festive et irrésistible comme l'a été la campagne du référendum. Je voyais à portée de main un score qui change la donne dans le pays, qui bouge en profondeur la gauche. Je voyais enfin la possibilité de donner une puissante traduction électorale aux attentes populaires… Et je vois une campagne amputée de la musique qui aurait fait danser le peuple antilibéral, une campagne qui aura du mal à décoller parce qu'en difficulté pour répondre à la question fondamentale : l'utilité à glisser dans l'urne le 22 avril un bulletin de vote Marie-George Buffet.

 

Cinquièmement, après des années d'avancées et d'ouvertures, je vois mon parti retomber dans ses pires tentations. Sa surdité de l'automne m'avait profondément inquiété sur son rapport à la société. Je ne m'étendrai pas plus sur les conditions et les pratiques qui ont pu conduire au score trompeur du 20 décembre (qui ne peut étouffer la colère réelle et le trouble majoritaire des militants). Et voilà que dans la foulée, on assiste au retour en force de bien des sectarismes qu'ont croyait oubliés, en attestent ces écrits, ces propos et ces attitudes vis-à-vis des communistes qui divergent ou des autres composantes de la gauche antilibérale. Quel terrible retour en arrière !

 

Ce courrier vous paraîtra acerbe. Sa brutalité est à la mesure des attentes suscitées par le rassemblement et de la passion de mon engagement. Il est le constat de la violence d'une cassure brutale et du fracas qu'elle engendre.

Pour autant, je demeure pleinement communiste, tout autant que chacun d'entre vous. Je reste aussi persuadé que pour éviter les impasses et pour gagner, les forces de la transformation sociale ont "viscéralement" besoin de leur composante communiste. Mais, pour ma part, et pour la première fois de ma vie militante, je ne vois pas encore ce qui pourrait me pousser à m'engager dans cette campagne électorale. Je crois qu'on sera au moins d'accord pour souhaiter que le score cumulé des candidats antilibéraux soit le meilleur possible pour combattre la bipolarisation et pour préserver l'espoir d'une autre voie à gauche. Oui, ma campagne présidentielle sera celle-là… Dans la débâcle et les turbulences du moment, à tous ces amis, ces proches, ces collègues, avec qui nous diffèrerons le 22 avril après avoir tant rêvé ensemble ces derniers temps, je continuerai à dire : "continuons ensemble !"…

Restant bien entendu disponible pour poursuivre l'échange,

Fraternellement

 

Yann Bouvier

(Ermont)

 

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Mardi 27 février 2007 2 27 /02 /2007 11:40

Intervention de Bernard Calabuig au comité départemental de liaison des collectifs antilibéraux -  29 janvier 2007

Nos efforts pour aboutir à une candidature commune à l’élection présidentielle ont échoué lors de la réunion nationale des collectifs à Saint Ouen.

Depuis, les collectifs sont en recherche de perspectives introuvables.

Avec la  réunion de Montreuil, le débat autour de la candidature de José Bové a encore compliqué la situation. Certes les 30 000 signatures recueillies démontrent l’aspiration tenace d’essayer de recoller les morceaux. Personnellement je ne crois pas à une dynamique pour José Bové.

Le choc de Saint Ouen a été rude et aujourd’hui il y a malheureusement le risque que pour l’élection présidentielle, il n’y ait plus de dynamique pour qui que ce soit dans l’espace antilibéral.

Le risque est grand que les collectifs se divisent, il faut éviter ce risque. Les collectifs unitaires ne doivent  pas se transformer en collectifs pour la campagne de Bové. D’ailleurs, si j’écoute bien ce qui se dit dans cette salle, aucun collectif ne soutient unanimement  la candidature de Bové.  

Je vous rappelle que les collectifs n’ont pas été inventés seulement pour désigner des candidatures, et encore moins pour se transformer en supporters de  tel ou de tel candidat. Ils ont pour vocation de travailler une nouvelle construction politique, c’est à dire sur du long terme.

Il faut accepter qu’il n’y ait pas de candidature commune à la présidentielle, il n’y a pas plus de consensus sur José Bové qu’il n’y en a eu  pour Marie George Buffet.

Oui je parle de consensus, car il faut bannir la règle majoritaire résultant des rapports de force, ne perdons jamais de vue que nous ne sommes pas un parti, nous sommes un rassemblement, composé d’hommes et de femmes avec des histoires et des cultures diverses, il a fallu beaucoup de travail pour apprendre à se parler et à se comprendre, pour dégager des points de convergence, rien ne doit compromettre ces avancées.

Malgré les difficultés de la situation présente, nous devons préserver le cadre unitaire, les collectifs doivent rester unis, pour cela nous devons laisser la liberté aux hommes et aux femmes qui les composent d’adopter le positionnement  de leur choix pour la présidentielle.

Des amis mèneront campagne pour Marie George Buffet et j’en suis. D’autres pour  José Bové et certains ne mèneront campagne pour personne. Telle est aujourd’hui la situation. Nous devons gérer cette contradiction, elle résulte de l’échec du rassemblement pour la présidentielle.

Par contre nous pouvons partout où cela sera possible, sans attendre, cimenter notre unité pour le prochain rendez-vous démocratique. Je veux parler des  élections législatives. La vie ne s’arrêtera pas le 22 avril, nous avons encore beaucoup de choses à faire ensemble. Cette unité pour les élections législatives ne pourra être construite qu’à partir de la réalité des territoires et en aucun cas le comité de liaison ne peut se transformer en structure de direction. Les décisions ne se prennent pas ici. Nous sommes un comité de liaison c’est-à-dire un lieu d’échange et rien d’autre.

C’est dans cet esprit que nous avons pris la décision de constituer le comité de liaison lors de la réunion d’Argenteuil, dont j’avais d’ailleurs été l’initiateur au mois de  juin dernier. Pour les législatives, il y aura des situations où des candidats du parti communiste seront soutenus par les collectifs des circonscriptions concernées. Dans d’autres cas des candidatures issues des collectifs seront soutenues par les communistes à partir du moment où les choix dans un cas ou dans l’autre seront des choix partagés, donc communs.  Il y aura aussi des situations où rien de tout cela ne sera possible parce que les conditions ne seront pas créées, nous devrons aussi gérer ces situations. Enfin, ayons  la modestie de tenir compte que nous ne représentons pas à nous seul dans les collectifs l’ensemble du mouvement antilibéral dans le Val d’Oise.

Les collectifs ont un avenir s’ils s’étoffent, si nous sommes en capacité de les élargir, de gagner à une plus large diversité sociale, politique, si nous sommes en capacité d’inventer des formes nouvelles et citoyennes de faire la politique.  

 Bernard Calabuig

(rédigé à partir de mes notes)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /2007 11:55

Intervention de Bernard Calabuig au collectif de campagne national de Marie-George Buffet du 12 février 2007

 

L’ordre du jour de notre réunion est important. La candidature de Marie George Buffet peut-elle apparaître utile aux Français ? Autrement dit les voix qui se porteront sur son nom serviront-elles à changer la donne politique ou seront-elles perdues comme le sont habituellement les voix qui se portent sur O. Besancenot ?

L’utilité du vote est la question primordiale pour toute élection. Or c’est  précisément sur ce volet que l’argumentation de notre campagne est la plus faible. Certes notre argumentation sur les contenus est de qualité. Mais cela ne peut suffire.

Rester dans le domaine de la proposition et laisser dans l’obscurité la question de la perspective politique nous place de fait dans une posture de témoignage. Il ne suffit pas de démontrer que d’autres choix politiques sont possibles, il faut également convaincre sur les moyens financiers à mobiliser et à réorienter dans le sens de la justice et de la solidarité, nous le faisons plutôt bien.  Mais cela ne suffit toujours pas, pour nous placer au cœur du jeu politique. Il faut aussi que ceux et celles qui sont convaincus que d’autres choix sont possibles soient persuadés que les moyens politiques existent pour y arriver.

Une dynamique électorale ne peut se construire que si on est clair et crédible sur la possibilité de parvenir à mettre en œuvre une politique nouvelle. Aujourd’hui  la nouvelle voie à gauche peine à se frayer un chemin dans la bipolarisation médiatique, mais pas seulement à cause d’elle. L’échec du rassemblement antilibéral et de l’accord sur la candidature commune à l’élection présidentielle, offre aujourd’hui le spectacle désolant de la division, tant et si bien que Marie George Buffet et José Bové sont tous les deux candidats en se réclamant du même cadre politique et du même programme. Donc il ne suffit pas de dire que l’espace politique existe objectivement  pour que se rassemblent celles et ceux qui veulent une  politique de changement. Nombreux sont aujourd’hui les hommes et les femmes  désemparés  par la médiocrité de la campagne et  l’absence de débat.

Oui, les attentes et les inquiétudes sont grandes, des hommes et des femmes sont à la recherche d’une offre politique efficace qui leur permette de peser, de compter dans cette élection. La trouveront-ils dans la candidature de la gauche populaire et antilibérale ? La réponse est devant nous, il nous appartient de contribuer à la construire positivement. Les militants communistes devront tout faire dans cette campagne  pour que notre résultat soit le meilleur possible, ce sera important pour l’avenir, car personne ne s’y trompera le résultat de la candidate de la gauche populaire sera aux yeux de tous le résultat du parti communiste français.

Mais peut-on espérer qu’un tel espace  puisse être occupé pleinement par le seul parti communiste ? Que nous puissions engranger un rassemblement suffisamment large, pour enrayer l’hégémonie du social libéralisme dans la gauche française et faire vivre l’espoir d’une nouvelle voie à gauche à l’occasion de cette élection, si nous ne crédibilisons pas cette perspective politique ? Nul ne peut raisonnablement y croire, à moins de penser que le rassemblement autour du parti est toujours d’actualité et de faire abstraction des  analyses que nous avons produites ces dernières années sur la crise du communisme. Ou encore à caresser l’espoir de peser, d’influer sur le parti socialiste afin de le tirer davantage à gauche. Bref,  la théorie de la fin des années 70 sur le rééquilibrage de la gauche à notre profit  remise au goût du jour.

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